La charte des jardins

Un engagement moral pour la biodiversité

embleme_2010 Initiée en 2007 dans une commune genevoise, la Charte des Jardins est devenue la référence nationale en matière d’actions concrètes pour la nature au jardin. Elle est aujourd’hui promulguée par les services cantonaux de l’environnement et de conservation de la nature. En pratique, la charte suggère d’adopter une dizaine de pratiques d’entretien du jardin favorables à la survie des oiseaux et des petits animaux. Elle s’applique à tous les jardins, petits ou grands, privés ou publics, et s’adresse autant aux communes qu’aux particuliers.La charte insiste aussi sur l’importance d’une démarche collective afin de mettre les jardins en réseau : la petite faune a en effet besoin d’un espace vital qui dépasse l’offre d’une seule propriété. Les habitants sont invités à signer la charte pour marquer leur engagement moral dans cette démarche. Ils peuvent également accrocher son emblème aux portes de leur jardin pour témoigner de leur adhésion et ouvrir la discussion avec le voisinage.

Les 10 bonnes pratiques à adopter

1. Laisser pousser et fleurir des coins de pelouse
Un gazon ras n’offre ni abri ni nourriture aux insectes et autres petites bêtes du jardin. Laisser pousser une bande d’herbes folles en bordure de la terrasse ou du gazon fait déjà toute la différence pour les sauterelles et les carabes.

2. Favoriser les arbustes sauvages indigènes et les oiseaux qui y nichent
Planter des haies champêtres en lieu et place des tuyas ou allées de laurels exotiques. Les arbustes indigènes nourrissent et abritent tout au long de l’année un grand nombre d’oiseaux et d’invertébrés. Tailler les haies seulement en hiver, quand elles ne portent plus de fruits. Et pourquoi ne pas créer dans un jardin public un arboretum d’arbustes sauvages ?

3. Créer des abris pour faune
Un simple tas de branches est une cachette rêvée pour le hérisson et le troglodyte. Un tas de pierre, de sable ou de feuilles attirera également une petite faune spécialisée.

4. Maintenir des passages entre les jardins pour la petite faune
Le hérisson ne peut vivre dans un espace clos, même s’il est très naturel. Des trouées doivent être réalisées dans les clôtures pour permettre la circulation des espèces.

5. Renoncer aux herbicides et aux pesticides
Depuis 2000, l’usage des herbicides est interdit le long des routes et chemins communaux. Bannir ses produits également dans les jardins privés et privilégier les traitements naturels.

6. Limiter l’éclairage des jardins et des espaces publics
L’éclairage nocturne perturbe l’orientation des insectes et des oiseaux, et cause la mort d’une multitude d’espèces. Eteindre les lumières durant une partie de la nuit ou réduire leur intensité.

7. Bannir les plantes exotiques envahissantes
Quelques espèces végétales exotiques s’échappent volontiers des jardins pour conquérir les milieux naturels, où elles menacent la flore locale. Exclure ces espèces des aménagements privés et communaux.

8. Limiter les dégâts des chats sur la petite faune
Equiper le chat d’une clochette et éviter de nourrir les chats errants. Pour les collectivités, limiter le nombre de chats errants par des campagnes de stérilisation.

9. Eviter de brûler et d’évacuer les vieux tas de branches et de feuilles en hiver ou en période de reproduction
Des espèces s’y reproduisent au printemps ou s’y abritent en hiver. Se débarrasser des tas plutôt à la fin de l’été.

10. Si on possède une piscine, prévoir une rampe de sortie pour éviter aux petits animaux de se noyer

Les liens utiles

Les bonnes lectures

TerreNature Les jardiniers romands s’engagent pour la biodiversité. Article du 14 octobre 2010, Terre & Nature.