Pourquoi faire respirer nos murs?

Des murs qui respirent

Pour utiliser un vocabulaire correct, il faudrait plutôt parler de murs perspirants, c’est à dire perméables à la vapeur d’eau. Cette caractéristique se mesure par le coefficient Mu dit de « résistance à la diffusion de vapeur » que l’on multiplie par l’épaisseur prévue dans la construction. Plus celui-ci est élevé, plus le matériau est étanche à la vapeur.

Un peu d’histoire

Les matériaux utilisés jusqu’au milieu du 20è siècle étaient presque tous assez perspirants. En effet les mortiers à base de chaux, les briques de terre cuite ou crue, le bois naturel, le pisé ou encore le torchis n’étaient jamais étanches à la vapeur d’eau. De même, les divers enduits intérieurs ou extérieurs à base de chaux ou d’argile possédaient les mêmes qualités.

C’est le remplacement de la chaux par le ciment et l’utilisation de crépis et d’enduits issus de la pétrochimie qui ont largement changé la donne. Puis le développement de l’isolation, le plus souvent doublée d’un pare-vapeur en matière plastique ont encore contribué à étanchéifier les murs.

Où est le problème?

« Des murs étanches, c’est très bien, ça protège de l’humidité extérieure !» C’est ce qu’on a cru pendant quelques décennies avant de découvrir que l’humidité vient surtout … de l’intérieur des logements. En effet, notre respiration, notre transpiration, nos plantes vertes, nos aliments, nos installations sanitaires produisent en permanence de la vapeur d’eau qu’il faut bien évacuer d’une façon ou d’une autre.

On peut bien sûr aérer, mais en hiver cela refroidit fortement le logement. On installe donc plutôt des ventilations mécaniques à double flux, mais c’est assez coûteux, surtout en rénovation, et ne résout pas tous les problèmes.

La meilleure solution est de veiller à utiliser des matériaux perspirants, autant pour le mur lui-même que pour son isolation et ses enduits intérieur et extérieur. On peut alors se passer de pare-vapeur ou le remplacer par un léger frein-vapeur (qui limite et régule le passage de la vapeur d’eau). Dans l’idéal, cette perméabilité doit augmenter de l’intérieur vers l’extérieur, afin d’éviter tout risque de condensation dans le mur ou son isolation.

Puisque l’humidité peut sortir, peut-elle aussi rentrer?

Effectivement, mais en période de chauffage, la simple différence de température entre le dehors et le dedans suffit à assurer une bonne migration de l’humidité vers l’extérieur où elle sera évacuée dans l’air. Il faut évidemment veiller à protéger la façade de la pluie battante par une bonne toiture. Il sera alors possible d’y appliquer un enduit à la fois perspirant et résistant aux intempéries.

Malheureusement, on utilise souvent des crépis très étanches en extérieur, soit en ciment, soit en matières synthétiques et on isole volontiers les façades avec des plaques de polystyrène expansé. On est alors strictement obligé de bloquer toute migration de l’humidité depuis l’intérieur et de prévoir de bonnes ventilations mécaniques sous peine de sérieux problèmes d’humidité du logement et des murs.

Quels matériaux?

La plupart des matériaux présentés sur ce site ont un bon coefficient de diffusion de la vapeur d’eau, en particulier les isolants à base de fibres végétales. Ces derniers étant de plus fortement hygrophiles, ils assureront une excellente diffusion de l’humidité dans toute la masse isolante et une évacuation optimale vers l’extérieur.

En utilisant la terre crue en intérieur, on obtient en plus une régulation naturelle du taux d’humidité du logement car elle a la propriété de stocker l’humidité excédentaire et de la restituer plus tard.

Les crépis intérieur à la chaux sont non-seulement perspirants, mais aussi antiseptiques, ce qui évite toute formation de moisissures, même dans les recoins mal aérés.